Les Brooklyn Nets aussi ont leur Process… et il est bien lancé

adminbsPar adminbs Publié

Après quelques années de calvaire, les Brooklyn Nets entrevoient la lumière. Le travail de Sean Marks avec un produit de base archi-défectueux est à saluer.

Décrocher un job de General Manager en NBA, c'est un peu le Graal pour beaucoup d'anciens joueurs. Il y a les avantages d'un poste à haut pouvoir décisionnaire, sans les inconvénients de celui de coach qui vous trimballe aux quatre coins du pays au détriment de votre vie de famille. La mission est plutôt agréable. Surtout lorsque l'on débarque dans une franchise en transition ou en reconstruction, sans la pression inhérente aux contenders. Une ou deux saisons dans le bas du classement sont parfaitement tolérées, pour ne pas dire encouragées, histoire de rebâtir via la Draft. La tâche est quand même nettement moins facile lorsque vos premiers tours de Draft ne vous appartiennent pas pendant les trois prochaines saisons. Voilà bientôt deux ans que Sean Marks a débarqué chez les Brooklyn Nets avec cette problématique.

L'effectif que lui a laissé Billy King était, pour ne rien gâcher, l'un des plus médiocres de la ligue. Par médiocre, entendez peu doté en atouts pour faire venir de gros joueurs via des trades. Et pas embelli non plus par la présence d'un potentiel franchise player (no offense Brook Lopez). Comme expliqué plus haut, le tanking ne pouvait lui être d'aucune aide. Le méga-trade pour faire venir Paul Pierce et Kevin Garnett en 2013 a coûté aux Brooklyn Nets leurs 1st round picks 2014, 2016 et 2018, laissant également aux Celtics la possibilité d'échanger leur premier tour avec le leur en 2017 (ce qu'ils ont évidemment fait pour sélectionner Jaylen Brown en #3).

Lorsque Marks est entré en fonction, il savait donc que Brooklyn ne pourrait pas compter sur une "star générationnelle" ou même simplement sur un futur All-Star par ce biais. Pas simple lorsqu'il faut en plus aider la franchise à se façonner une identité. Dans le déménagement de Newark à Brooklyn, les Nets ont perdu une partie de leurs fans basés dans le New Jersey et les résultats n'ont ni déclenché d'élan populaire chez la population de "BK", ni converti suffisamment de fans des Knicks désabusés.

Pourtant, après quasiment deux mois de compétition, et au lendemain d'un nouveau trade intéressant, on se dit que le futur des Nets est bien mois gris que prévu. L'arrivée de Jahlil Okafor n'est que l'un des "coups" réussis par le Néo-Zélandais champion NBA avec les Spurs en 2005.

Les travaux de Marks

Voici ce qu'a accompli Marks chronologiquement depuis son arrivée pour se retrouver avec un groupe qui ne paye pas de mine mais va dans la bonne direction.

Faire signer Jeremy Lin, l'un des meilleurs 6e hommes de la ligue avec Charlotte, en juillet 2016. Pour 12 millions par saison, vu les tarifs pratiqués aujourd'hui, c'est pas loin d'être une affaire. Lin est malheureusement out pour la saison actuelle.

Recruter Joe Harris en fin de contrat, pour un salaire moyen d'un millions de dollars. Harris joue 23 minutes par match cette saison et tourne à plus de 10 points et 45% d'adresse. Intéressant pour un remplaçant.

Trader Thaddeus Young à Indiana contre les droits de Caris LeVert. L'arrière de 23 ans joue de mieux en mieux. En témoigne sa superbe entrée contre OKC (21 points, 10 passes et 5 rebonds) la nuit dernière. Sa bonne défense sur  le MVP en titre Russell Westbrook aussi.

Relancer Spencer Dinwiddie, alors free agent, en décembre 2016. En l'absence de Lin et Russell, l'ancien Piston est excellent à la mène (12.2 points et 6.3 passes de moyenne).

Trader Justin Hamilton, pour faire venir DeMarre Carroll, un premier tour 2018 et un 2e tour 2019. Un joueur d'expérience, Carroll, plutôt bon depuis son arrivée et deux picks, c'est assez inespéré vu la faible contrepartie (Hamilton).

Trader Andrew Nicholson pour récupérer Allen Crabbe. Le contrat de Crabbe est costaud (19 millions cette saison et jusqu'en 2019), mais l'ancien Blazer est un scoreur et un shooteur compétent. Nicholson était pour ainsi dire inutile.

S'offrir le n°2 de la Draft 2015, D'Angelo Russell et Timofey Mozgov, en échange de Brook Lopez et du 27e pick en 2017, aka Kyle Kuzma. Russell est déjà plus convaincant que lors des deux premières saisons à Los Angeles. Son potentiel est encore inexploité, mais la qualité est là.

S'offrir le n°3 de la même classe de Draft, Jahlil Okafor. Trevor Booker, bon soldat mais pas forcément joueur d'avenir, part à Philadelphie. Dans l'opération, les Nets récupèrent aussi le shooteur Nik Stauskas, lui aussi drafté haut en 2014 (6e) et, ce n'est pas négligeable, un 2e tour 2018.

Du néant à l'espoir pour les Brooklyn Nets

Brooklyn se retrouve donc aujourd'hui avec :

Deux joueurs un temps perçus comme des possibles franchise players, D'Angelo Russell et Jahlil Okafor.

Des jeunes un peu sous-cotés et avec une possible valeur marchande future : Caris LeVert, Jarrett Allen, Rondae Hollis-Jefferson.

Des "vétérans" solides et possiblement utilisables pour des deals à venir : Lin, Crabbe, Mozgov, Carroll, Dinwiddie, Zeller.

Sean Marks a transformé un désert aride en lopin de terre dont sortiront sans doute de bons produits.

Les Brooklyn Nets sont encore très loin d'être compétitifs. Mais on voit au moins le chemin qu'ils souhaitent emprunter. Une fois la Draft 2018 et les derniers comptes soldés, un nouveau chapitre pourra vraiment s'ouvrir. Et le "Process" débuté en 2016 avec les arrivées de Marks et Kenny Atkinson prendre un virage intéressant.